… ou comment vivre en étant sensible dans un monde de brut(es)
Une vidéo de Susan Cain, sortie de la conférence TED 2012, à voir (ou lire)
(je rappelle que vous avez des sous-titres disponibles sous la vidéo, ou même le résumé en français dessous, mais c’est bien + sympa de l’écouter parler - avec les ss-titres of course-)
« et je suis devenue avocate à Wall Street, contre toute attente, plutôt que l’écrivain que j’avais toujours rêvé d’être, en partie parce que j’avais besoin de me prouver que je pouvais faire preuve d’audace et d’assurance aussi. Et j’allais toujours dans des bars bondés quand j’aurais vraiment préféré simplement un bon dîner entre amis. Et j’ai fait ces choix d’auto-négation tellement par réflexe, que je n’étais même pas consciente de les faire. »
Or, c’est ce que beaucoup d’introvertis font, et c’est nous qui y perdons à coup sûr, mais c’est aussi une perte pour nos collègues et pour nos collectivités. Et au risque de paraître grandiloquente, c’est une perte pour le monde. Parce que quand il s’agit de créativité et de leadership, nous avons besoin que les introvertis fassent ce qu’ils font le mieux. Les introvertis représentent entre un tiers et la moitié de la population. C’est donc une personne sur deux ou sur trois parmi vos connaissances. (…) Nous l’avons tous intériorisé dès le plus jeune âge sans même avoir une langue pour ce que nous faisons. (…)
Maintenant, pour voir clairement le préjugé vous devez comprendre ce qu’est l’introversion.Ce n’est pas la même chose que la timidité. La timidité repose sur la peur du jugement social. L’introversion est plutôt comment vous réagissez à la stimulation, y compris la stimulation sociale. Donc, les extravertis veulent vraiment de grandes quantités de stimulation, tandis que les introvertis se sentent bien plus vivants et plus en phase et plus capable quand ils sont plus dans des environnements plus feutrés et plus calmes. Pas tout le temps, ces choses ne sont pas absolues, mais une grande partie du temps. Donc, la clé, pour maximiser nos talents est que nous nous mettions dans la zone de stimulation qui nous convient.
(…)
Mais maintenant, c’est là que le préjugé entre en jeu. Nos institutions les plus importantes,nos écoles et nos lieux de travail, sont conçus principalement pour les extravertis et pour les besoins qu’ont les extravertis de beaucoup de stimulation. Et nous avons aussi ce système de croyance en ce moment que j’appelle le nouveau travail de groupe, qui veut que toute la créativité et toute la productivité viennent d’un endroit très bizarrement grégaire.
< Je ne suis pas trop d’accord avec elle quand elle parle de la classe idéale et de la classe aujourd’hui « commune ». Je crois qu’en France, on aurait justement besoin d’un joyeux mélange entre ces deux types ! >
Et j’entends par là que culturellement, il nous faut un meilleur équilibre. Nous avons besoin de plus de yin et de yang entre ces deux types. Ceci est particulièrement important quand il s’agit de créativité et de productivité, parce que quand les psychologues observent la vie des personnes les plus créatives, ce qu’ils trouvent ce sont des gens qui sont très bons pour échanger des idées et faire progresser les idées, mais qui ont aussi une touche sérieuse d’introversion en eux.
Et c’est parce que la solitude est souvent un ingrédient crucial de la créativité. (…) Et en fait, nous avons connu pendant des siècles le pouvoir transcendant de la solitude. Ce n’est que récemment que nous avons commencé étrangement à l’oublier. (…)
Pourtant ce n’est pas une surprise si vous regardez les idées de la psychologie contemporaine. Il s’avère que nous ne pouvons même pas être dans un groupe de personnes sans instinctivement copier leurs opinions. Même en ce qui concerne des choses apparemment personnelles et viscérales comme qui vous attire, vous allez commencer à singer les croyances des gens autour de vous sans même vous rendre compte que c’est ce que vous faites.
< Un peu + loin je la suis sur la société actuelle et sa relation à l’extraversion, et notamment les Etats Unis : ça me fait penser à ces séances de thérapie de groupe, apparemment si communes, là où les psychothérapies individuelles sont rejetées comme des « bizarreries » voire pire. Mais d’où vient ce besoin d’aller parler devant tout le monde, d’aller échanger ses deuils, ses malheurs, ses souffrances, dans le partage avec des inconnus ?? L’introvertie en moi s’insurge totalement !
Ce que je ne comprends pas, ce n’est pas tant que ça réussisse à certains, mais que ce soit « LE » modèle à suivre… Comme si ne pas vouloir partager ses deuils et ses souffrances avec un tas d’inconnus, c’était faire preuve d’égoisme…
(sujet de débat qui me rend très véhémente en qq secondes, vous l’aurez compris
) >
Maintenant, si tout cela est vrai, alors pourquoi faisons-nous tout autant de travers ? Pourquoi mettons-nous en place nos écoles et nos lieux de travail de cette façon ? Et pourquoi faisons-nous ces introvertis se sentir tellement coupable de vouloir tout simplement s’isoler de temps en temps? On trouve une réponse au plus profond de notre histoire culturelle. Les sociétés occidentales, et en particulier les Etats-Unis, ont toujours favorisé l’homme d’action par rapport à l’homme de contemplation et «l’homme» de contemplation. (…)
Mais il nous faut beaucoup plus d’intimité et beaucoup plus de liberté et une bien plus grande autonomie au travail. A l’école, même chose. Nous devons apprendre aux enfants à travailler ensemble, à coup sûr, mais nous devons aussi leur apprendre à travailler seuls. Ceci est aussi particulièrement important pour les enfants extravertis. Ils ont besoin de travailler seuls parce que c’est en partie de là que vient la pensée profonde. (…)
(…) nous pourrions tous se débrancher et pénétrer à l’intérieur de nos propres têtes un peu plus souvent.
Belle conclusion
































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