Il y a des choses étonnantes quand on est expat, comme par exemple de ne trouver que très peu d’informations sur la scolarisation des enfants dans le pays d’accueil. Alors bien sur il y a 1 ou 2 livres (parcourus), 2 messages qui se battent en duel sur des forums, mais rien de quoi apaiser des parents tristes et anxieux de voir leurs progénitures se débattre avec une langue qu’ils ne maîtrisent pas.
Non, je ne parle pas des enfants aux parents mixtes, apprenant 2 langues maternelles + une 3ème à l’école. Mais d’enfants de parents français, ayant donc grandi avec 1 seule langue, et se retrouvant devant une seconde à l’école.
Il y a aussi quelque chose qui passe souvent à la trappe : les enfants sont tous différents. J’irai même jusqu’à oser dire : UNIQUES. Quoi ? Je suis sûre que vous le saviez, mais certains institutions ont du mal à le reconnaître (je ne vais pas parler de l’Education Nationale ici…)
Eliott et Hanaé sont donc depuis septembre dans une école anglaise Montessori.
Je fonde beaucoup d’espoir dans ce petit mot « Montessori ». Parce que j’ai mon opinion sur les systèmes éducatifs de l’âge glaciaire (j’en parle suffisamment ici), et que je suis très curieuse de voir « de l’intérieur » cette pédagogie où l’enfant apprend à son rythme, avec les autres, et de façon autonome.
Mais… il n’en reste pas moins que c’est une école anglaise. Et que les enfants, en nursery libanaise l’année dernière, n’ont pas pu apprendre l’anglais.

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Comment puis-je affirmer que tous les enfants sont différents ? En regardant les miens, tout bêtement… Issus du même moule (même si je répugne à m’imaginer en forme de muffin géant), ils ont pourtant un caractère et une façon d’aborder la vie, les autres, de façon presque opposée :
* Hanaé évolue comme un petit poisson dans son bocal, en baragouinant du yaourt anglais, en affirmant haut et fort « No, no », avec l’accent svp, même que je suis jalouse, et sa maîtresse me dit chaque jour qu’elle est parfaitement à l’aise, saute, parle, participe…et même dort pendant le repos ! (même si ça n’a rien à voir avec l’anglais, je crois qu’on dort pareil en anglais et en français)
Hanaé avec son caractère très fort, de petite fille qui a connu déjà beaucoup (trop) de souffrances. Qui ne se laissera pas marcher sur les pieds ou imposer quelque chose qu’elle ne désire pas. Hanaé qui est parfaitement à l’aise avec la nouveauté et les inconnus, à condition qu’ils ne portent pas de blouse blanche, bleue ou rose.
* Eliott, lui, se prend un mur de plein fouet : parce que parfois, les enfants peuvent être excessivement curieux et terriblement sensibles, parce que certains enfants, n’en déplaisent à bp de gens (et sa maîtresse en premier lieu, qui est pourtant très gentille), ne se comportent pas « comme les autres » : ce n’est pas parce qu’elle a « l’habitude » d’avoir des enfants qui arrivent sans parler anglais, que tous vont évoluer à la même vitesse, de la même manière… Et quand je lui ai répondu que si Eliott avait un comportement déclaré « difficile » (il fait des bruits quand il faut faire silence, il pousse ses camarades, il fait les gros yeux), c’est parce qu’il ne pouvait la comprendre et ne pouvait communiquer avec elle, elle m’a répondu : « Non, j’ai l’habitude des enfants qui ne parlent pas anglais en arrivant ». Et quand je lui répondu « Mais moi, je CONNAIS mon fils, je sais que c’est parce qu’il ne peut plus communiquer », elle m’a regardé comme si j’avais parlé finnois.
Non, tous les enfants ne sont pas extravertis, tous les enfants ne surfent pas facilement sur le manque d’échanges, tous les enfants ne se contentent pas d’avoir des copains pour surmonter les difficultés.
Je connais mon fils, je le pratique tous les jours, je l’étudie, je le suis de près dans son évolution (mais de loin, pour ne pas le gêner), et surtout, je commence à voir ce qui se joue dans ce petit cerveau qui fonctionne vite, très vite… Bien trop vite pour être parfaitement adapté à certains aspects de cette société et de ses fonctionnements.
Eliott avait les yeux grand ouverts dès la maternité, étonnant les sages-femmes, et sa maman qui ne pouvait que déambuler dans les couloirs de la maternité de 2 à 5h du matin, avec ce petit bout de bébé déjà si attentif au monde qui l’entoure. A 2 ans, il parlait déjà de façon parfaitement claire, et à 4 ans il maîtrisait la langue mieux que beaucoup d’adultes.

Comment accepter sans souffrance, sans difficultés, de revenir à un degré 0 de communication ?
Quand on pose constamment des questions, qu’on discute de tout avec tout le monde, et si possible avec des adultes, quand on veut tout connaître, tout comprendre ?
Je n’ai malheureusement pas de réponse à cette question, et chaque matin, c’est le coeur fêlé que j’entends mon petit bonhomme, dès le réveil, dire qu’il ne veut pas aller à la grande école « parce qu’il ne comprend pas la maîtresse ». Je le pose, parfois prostré, parfois faisant les gros yeux, devant la porte de la classe. Je le récupère joyeux de me retrouver, je me dis que « ça va passer »… Mais pas pour l’instant.
Je ne peux que l’accompagner, l’écouter, lui dire que je le comprends, que je sais que c’est difficile, que j’ai confiance en lui et que je l’aime. Lui dire que « ça lui servira pour + tard » est stérile. Lui dire que sa petite copine de classe ne parle que le suédois est stérile aussi. Lui dire qu’il va y arriver, je me demande même si ça n’est pas stérile. Il s’en fout, lui, il est dans le présent.
La coordinatrice des KG a été très à l’écoute, essayant de chercher une instit parlant Français, pour venir voir Eliott de temps en temps… On va y arriver !
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Alors pour répondre aux questions :
* Non, je ne veux pas le mettre dans le système français. Parce que je refuse ce système, de façon globale, et aussi parce que je le sais parfaitement INADAPTE à mon fils en particulier.
* Oui, nous voulons une école anglaise parce que c’est une chance extraordinaire pour nos enfants, pour leur futur. A condition que la langue ne devienne pas un blocage, une souffrance. A nous de trouver le bon timing « d’essai », d’obervation.
* Je dis merci à Montessori parce qu’au moins, Eliott est « libre » dans sa classe : livre de regarder et utiliser le matériel qu’il veut, libre de s’asseoir et simplement observer… même si, du coup, il rejette les moments de groupe !

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