Pourquoi faut-il sérieusement s’intéresser à Fortnite (et aux jeux vidéos en général) 1 commentaire


Fornite :
– Nouveau réseau social
– Nouveau média
– Tiers-lieu numérique !

 

Je vous conseille la lecture passionnante de cet article sur Fortnite, qui fait jouer & discuter dans toutes les écoles et maisons du monde, pour 2 raisons :
1- parce qu’il est essentiel, en tant que parent, de savoir à quoi jouent exactement nos enfants, & de nous y intéresser avec eux (perso j’ai suivi toute l’affaire du cube violet ;))

 

2- parce qu’il est toujours utile d’avoir des arguments solides dans le très énervant et trop dépassé débat « pour ou contre les jeux vidéos ? » 👹
Capture d’écran 2018-12-27 à 15.18.31
 
Cet article montre bien à quel point nous devons arrêter de penser « bien ou mal » ou « pour ou contre » les jeux vidéos, et nous pencher sur le fait que le jeu vidéo (et Fortnite en particulier, pour plusieurs raisons détaillées dans l’article) est en train de modifier en profondeur tout notre environnement culturel & nos loisirs mais aussi tout le réseau social
En bien ou en mal ? Aucun des 2 mon capitaine, c’est juste… différent !!!

 

Attention – ATTENTION – en tant qu’adulte, à ne pas juger trop vite les jeux vidéos. Tout simplement parce que… nous n’avons pas encore vraiment beaucoup de recul, et parce que nous voyons cela avec nos yeux d’adultes…
Que vivent réellement nos enfants & ados ?
Que voient réellement nos enfants & ados ?
Que ressentent réellement nos enfants & ados ?
Quelles relations sociales vivent réellement nos enfants & ados, aujourd’hui ? (et pas celles que nous fantasmons/projetons/imaginons avec nos yeux d’adultes dont l’enfance a été différente). Quelles sont les nouvelles règles ? Sommes-nous sures de les connaître et de les comprendre, avant de juger et d’imposer ?

 

Personnellement j’y vois beaucoup de bien, avec évidemment mon expérience personnelle et celle de mon fils : la possibilité par exemple, pour ne citer que celle-ci, de s’ouvrir au monde à travers les relations virtuelles (à travers l’écran), quand les relations sociales sont trop difficiles à vivre de façon frontale. Première étape sécurisante qui permet ENSUITE de s’ouvrir au monde réel… Et oui, parfois dans ce sens là c’est bien mieux…
-> Comme il est devenu courant de rencontrer son âme soeur sur internet, il est devenu normal de se faire des amis via internet. Et de les rencontrer + tard pour de vrai, peu importe le temps que ça prend.
Et que dire de la possibilité d’échanger avec des enfants & ados du monde entier ?

 

Alors oui, évidemment qu’il y a des « risques »… comme partout. Qu’il faut faire attention, qu’il faut ÉDUQUER nos enfants à la vie online, les prévenir des risques, leur donner des clés de comportement, des clés de protection… 
 
Mais quand on voit comment le monde social non virtuel évolue (tentation du risque 0, surveillance constante des enfants & ados, déconnexion à la nature, sur-occupation des enfants par les parents, pression à la performance…) je me dis que ce n’est pas + mal de se développer aussi ailleurs…. 🤔
 
Pour parler de cette dérive de la sur-occupation & de la pression à la performance des enfants par de + en + de parents, j’ai un coup de coeur spécial pour le concept critique de « génération siège arrière » qui me plaît énormément !!! 👍
« Lia Karsten, chercheuse en géographique urbaine à l’Université d’Amsterdam, parle ainsi de « génération siège arrière » pour désigner cet ensemble d’adolescents constamment transportés d’une activité tolérée et (très) organisée à une autre. »

 

page1 (3) - copie

2è utilisation de ce montage des enfants en 2 semaines mais ça colle bien avec le sujet encore une fois 😉

*

Pour moi le débat « pour ou contre les jeux vidéos » est largement dépassé aujourd’hui (ou en tout cas, il doit être dépassé !).

Le débat se joue plutôt sur la question du temps passé devant l’écran et sur la capacité à faire autre chose. 

Et sur quoi (sur qui) reposent ces 2 éléments essentiels que sont le temps passé devant l’écran et la capacité à faire autre chose qu’être devant l’écran ?

-> Sur les parents ! Sur leur capacité à être présents, à proposer, à accompagner leurs enfants dans d’autres activités, et dans la construction du lien humain, social.

-> Sur la société en général, à travers l’école notamment.

Sur les 2, car on ne peut PAS continuer à penser en silos séparés et antagonistes « famille ou école ? » ! Parce que l’école peut être un lieu de développement et d’ouverture quand la famille est en échec ou en difficulté à être le 1er lieu de construction pour l’enfant. Et aussi parce que la famille ne peut PAS tout offrir à l’enfant !

-> Cela repose évidemment sur l’idée qu’ « il faut un village pour élever un enfant », et que l’enfant a aujourd’hui besoin d’être réellement intégré et considéré dans la société, comme un individu à part entière, qui peut apporter beaucoup

-> Et cela repose évidemment sur la base d’une école respectueuse de l’enfant, bienveillante, ouverte, qui accompagne et fait grandir au lieu de comparer, isoler, juger et mettre en compétition (et c’est l’objet de ma seconde création d’école, www.lecole.info ;))

 

On fait comment, pour sortir de ce biais ? 

On se pose quelques questions basiques mais primordiales :
* Quelle liberté laissons-nous aux enfants d’explorer le monde réel & de se reconnecter à leur environnement, sans nous laisser paralyser par la peur & donc la tentation du risque 0 ?

* Quelle liberté leur laissons-nous au quotidien, dans leur temps libre ? Quel est notre degré de surveillance ?

* Nous intéressons-nous à ce qu’ils font, à ce qu’ils aiment ? A leurs intérêts (et notamment aux jeux vidéos ?) Quel temps passé AVEC eux, pas dans la surveillance, mais dans l’accompagnement, dans le partage ? 

* Passons-nous réellement du temps avec eux ? Et je parle de vrai temps de cerveau & d’attention, pas avec 1 oeil sur notre propre smartphone ou dans nos comptes/réunions ?

* Avons-nous des activités avec eux ? (jeux de plateau, lecture, activités créatives, balades, jeux vidéos, film… peu importe, tant que c’est partagé)

-> Je suis profondément persuadée que des restrictions trop étouffantes peuvent les pousser à se plonger dans un monde virtuel où ils seront + libres et « mieux » entourés… (de leurs amis, réels ou virtuels, mais aussi de personnages qui leurs ressemblent) et où ils seront bien + libres d’explorer, d’expérimenter

(c’est d’ailleurs très bien dit dans l’article !)

Mushi4 copie

(mon chat me faisant comprendre qu’il est en temps que je lâche mon écran pour m’intéresser à lui…)

*

Car ce que décrit très bien l’article également, c’est cette idée que les jeux vidéos, c’est aussi, aujourd’hui, un monde à explorer, où l’on peut apprendre énormément, et également en relations sociales !

« Les joueurs de Fortnite sont nombreux à témoigner d’un même sentiment : il s’agit plus d’une activité sociale et d’un lieu à part entière que d’un simple jeu de combat. 
(…)
Fortnite est différent, parce que l’important ne réside même pas dans le fait de jouer : c’est un endroit où nous nous retrouvons tous ensemble. »
(…)
Beaucoup parlent ainsi de Fortnite comme d’un tiers-lieu – de l’anglais Third Place, qui fait référence, nous apprend Wikipédia, « aux environnements sociaux qui viennent après la maison et le travail. Il se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle ».

« Grâce à un ensemble de choix de conception astucieux, Epic Games a construit un véritable tiers-lieu numérique, un lieu de rencontre où les joueurs disposent d’une très grande autonomie pour mener les expériences qu’ils souhaitent » écrit un joueur qui compare cette expérience à celle d’un skatepark ou d’une plage de surfeurs : « Fortnite fournit un endroit sûr pour sortir, expérimenter, faire des bêtises. Être libre. »

*

Et qu’il y a même beaucoup à apprendre sur l’environnement urbain à offrir à nos enfants, en observant ce qui les attire le + dans les environnements de jeux vidéos

« Plus fondamentalement, il est intéressant de considérer de plus près ce que recherchent les adolescents dans les espaces urbains. L’urbaniste Kevin Lynch, dans son ouvrage Growing Up in Cities (1977), s’est penché sur les adolescents de quatre villes à travers la planète pour comprendre pourquoi certains lieux les attirent plus que d’autres. Ses conclusions – un sentiment de sécurité et de liberté de mouvement, une communauté soudée et stable, des espaces verts à proximité pour l’exploration, le jeu et la compétition organisée – rejoignent justement ce que Fortnite propose. »

*

Fornite, c’est donc un nouveau média et un nouveau réseau social, et il est + qu’urgent qu’en tant que parent ET en tant qu’éducateur, nous apprenions à nous y intéresser, et à le prendre en compte dans l’éducation de nos bambins, de 7 à 18 ans… (et de nos conjoints, aussi, parce que je rappelle que la moyenne d’âge des joueurs est bien au-delà de 18 ans :D)
« Fortnite invite à changer de lunettes, en acceptant l’idée qu’explorer un monde virtuel entre amis peut constituer une sortie en tant que telle, peut favoriser l’expérimentation, la créativité, l’esprit de collaboration, et peut être une occasion de parler, rire, échanger avec ses proches (parfois éloignés géographiquement). »

(…)
« « Si vous considérez Fortnite comme un simple jeu vidéo, vous ratez la ‘big picture’. Prends garde, Disney : le succès sans précédent de Fortnite a autant d’importance pour le futur des médias que pour le secteur du jeu » »

*

Petits extras :

Un jeu très égalitaire :
« Ce qui rend Fortnite unique est son aspect très égalisateur : il est entièrement gratuit pour tous, sur n’importe quel appareil sur la planète. »

La découverte de l’autre :
« Mentionnons du reste cette caractéristique étonnante : lorsqu’un joueur est tué dans Fortnite, sa caméra se met à suivre le joueur qui l’a éliminé, et il devient alors un spectateur des progrès de cet autre joueur. « C’est bizarre parce que dans la plupart des jeux, quand quelqu’un te tue, tu es énervé. Mais dans ce jeu, tu finis par voir la personne, la suivre et tu commences à te mettre dans sa peau. Cela devient une expérience positive. Je joue depuis les années 1970 et je n’ai jamais vu un tel phénomène » témoigne ainsi le psychologue Frank Gaspill, spécialiste d’autisme, d’enfance et de technologie, et…fan de Fortnite. »

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1 Commentaire sur "Pourquoi faut-il sérieusement s’intéresser à Fortnite (et aux jeux vidéos en général)"

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2 mois 8 heures plus tôt

C’est vrai que l’on s’identifie à la personne qui nous a tué, c’est quand même bizarre quand on y pense aha

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