Playful Parenting #2 : Fantasy Play 5 commentaires


Extrait de mon livre coup de coeur de l’année « Playful parenting » de Lawrence Cohen (résumé par moi)

Parlant du type de jeu d’enfant que les anglophones appellent très joliment « Let’s pretend » : (je n’ai tjs pas trouvé d’équivalent en francais)

Les enfants ont un besoin fondamental, pour leur construction, de contrôler le jeu de leur façon (et non pas « suivre nos règles ») et de renverser les rôles.

Les enfants vont utiliser ce « renversement des rôles » pour exprimer leurs souffrances, leurs peurs. Un de leurs thèmes de souffrance qu’ils vont essayer d’utiliser dans ce genre de jeu est le sentiment qu’on ne les aime pas (nous, ou un copain, ou tout le monde…). Malheureusement, quand les enfants renversent les rôles avec ce thème, les parents sont confus : le jeu finit souvent avec l’enfant qui nous dit « Je te déteste » ou « tu es stupide ». Le parent se sent alors outragé ou rejeté. Mais les enfants ne peuvent pas venir vers nous simplement et nous dire « Personne ne m’aime » ou « Je me sens rejeté » ! Ils tentent donc de le dire à travers le jeu.

Nous devons lire entre les lignes et comprendre quand ils tentent de nous dire, de leur propre façon, combien ils souffrent et comment nous pouvons les aider. Aussi, au lieu de leur crier dessus pour nous parler de cette manière, et les envoyer dans leur chambre, nous devons plutôt dire « Waaa, Joey m’a traité de stupide, waaaaa, personne ne m’aime ! ». Ou, « Tu peux me traiter d’idiot, mais tu ferais mieux de ne pas me traiter de saucisse frite »

(lui dit « wiener schnitzel », mais je ne suis pas sure que tout le monde connaisse les super plats allemands)

Lawrence Cohen revient souvent sur ce thème : nous devons jouer les IDIOTS, nous devons jouer les MALADROITS… pour laisser à nos enfants la possibilités de se sentir les + forts, les + courageux, les + habiles, là où ils se sentent peureux, faibles, mauvais… Il insiste beaucoup, tout au long du livre, dans ces exemples de thérapie, sur l’importance de jouer l’adulte/le méchant/le monstre bêta, l’incompétent.

***

J’ai beaucoup aimé son chapitre sur comment jouer avec les peurs de nos enfants, comment les aider à les surmonter. Et un exemple en particulier : alors qu’il faisait un jeu de thérapie avec un petit garçon phobique des abeilles, il a d’abord laissé le petit garçon jouer l’abeille attaquante, pendant que lui jouait l’adulte effrayé par l’insecte (de façon exagérée, pour déclencher le rire du garçon). Puis, il a joué le rôle de l’abeille, mais (c’est là, la clé !), une abeille maladroite, ridicule, qui finit par se piquer elle-même ! Le secret est de déclencher le rire de l’enfant, sur ses propres peurs, ET ceci en endossant le rôle du « maladroit », du mauvais, du ridicule.

Contrairement à nos modèles d »entraînements militaires, personne n’apprend mieux en étant humilié. Prendre un peu de la peur de l’enfant sur soi, c’est l’alléger un peu. Certains parents tentent de supprimer

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Un psychiatre a écrit : « La transition au jeu « Let’s pretend », est l’une des étapes les plus importantes de la vie d’un enfant ». Les jeux de fiction (fantaisy play) requièrent des pensées symboliques, de l’abstraction, et de l’imagination créative.  Certains enfants le font d’eux-même, d’autres ont besoin de l’aide d’un adulte.

Si un enfant rencontre des problèmes avec une émotion, ca l’aidera de faire rejouer ce rôle à un personnage de fiction (une peluche, une marionnette chaussette…)

* Pour un enfant qui se sent souvent en injustice (face à un frère /une soeur…), prenez une peluche et faites lui dire (avec une voix rigolote) « Ce n’est pas juste ! tu joues toujours avec Tigrou ! ». Développez des personnages qui sont tristes, ou en proie à la colère, à l’agressivité, ou qui sont incapables de résoudre un problème auquel est confronté votre enfant : « Tous les autres animaux m’embêtent quand tu es à l’école, je ne sais pas quoi faire ! », ou « J’ai peur quand tu éteins la lumière ! ». Votre enfant se sentira alors très concerné par les problèmes de la peluche (les siens donc…) et vous montrera alors clairement ce qu’il attend que vous fassiez pour l’aider : ce qu’il va lui même faire ou dire à sa peluche en détresse !

Cette technique permet à l’enfant d’avoir une autre perspective sur ses émotions et ses problèmes. Il aide aussi le parent qui se sent démuni lorsque l’enfant ne veut pas parler de ses souffrances.

* L’autre jeu caractéristique du « Let’s pretend », c’est le jeu du bon et du méchant, du gendarme et du voleur. Il est EXTREMEMENT important de laisser l’enfant jouer ces rôles (souvent à tour de rôle), car ils lui permettent, dans le cas du méchant notamment, de contrôler son agressivité. Certains enfants vont préférer être le méchant, expérimentant ainsi le fait d’être dangereux, d’être craint. Cela les aide à maîtriser leurs sentiments agressifs et leur impulsivité. D’autres seront toujours le gentil : ils aiment être agressifs dans un sens socialement respectable : en étant Batman, un soldat…

Certains parents aiment jouer aux superhéros avec leurs enfants. Ils ont compris qu’ils ne fallait pas être un monstre/méchant trop effrayant, trop dangereux, mais suffisamment pour être « intéressant ». Peut-être un peu incompétent (comme le coyote avec bip bip)

D’autres parents détestent ce genre de jeu et tentent de l’interdire. Désolé. Les enfants qui veulent jouer à ce jeu ont BESOIN d’y jouer, et s’ils n’y sont pas autorisés, ils vont l’enfouir et le ressortir d’une autre façon.

Il est bien + préférable de se joindre à eux et d’y jouer ensemble, ce qui vous permet de recadrer les choses si ca dérape un peu et devient trop violent.

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De quoi réfléchir pendant ces vacances de Noel…. :)

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    5 Commentaires sur "Playful Parenting #2 : Fantasy Play"

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    sandra
    6 années 11 mois plus tôt

    ah merci Marie ,j’attendais avec impatience un ptit résumé de ce livre .
    Effectivement très interessant …
    Oui , on peut réfléchir et agir sur les soucis de nos petits schtroumpfs , oui être bons parents c’est chercher toujours et encore …
    merci , tu as trouvé une bonne piste …je vais me pencher là dessus .

    6 années 11 mois plus tôt

    Le « let’s pretend », c’est un peu le « on dirait que… », cher aux enfants, pour trouver une version usuelle en français.
    J’ai bien aimé aussi ce concept de redonner un rôle plus dominant aux enfants qui souffrent d’être dominés (par quelqu’un, par la peur, etc.). Par contre, c’est la seule notion qui me gêne dans ce livre : je trouve ultra délicat d’exagérer la peur de l’enfant, il y a quand même le risque qu’il pense qu’on se moque de lui…

    6 années 11 mois plus tôt

    mais justement, j’ai peut etre oublie de faire passer l’idee : il repete a longueur de son livre qu’on doit TOUJOURS faire attention de ne pas se moquer de lui… a nous, adulte, de « doser » et de sentir quand il peut se sentir diminue, moque !
    (d’ou l’interet de lire le livre apres mes articles :))

    6 années 11 mois plus tôt

    Oui, oui, on le sent bien en lisant le livre. Mais je trouve très difficile d’exagérer une peur sans courir ce risque (que l’enfant pense qu’on se moque de lui), peut-être aussi parce que mon aîné est hypersensible…

    […] avais fait une critique en 3 parties sur mon blog en 2010 : partie 1, partie 2 & partie […]

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